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Verte pour l’humidité, bleue pour le bruit, rose pour le feu, jaune pour les chocs : le code couleur des plaques de plâtre rassure, et il pousse à choisir au rayon plutôt qu’au chantier. Il a pourtant deux défauts. Les couleurs ne sont pas normalisées d’un fabricant à l’autre, et surtout la bonne plaque ne dépend pas du nom de la pièce, mais de ce que la paroi va subir : vapeur d’eau, projections, coups, bruit, chaleur.
Une cloison qui sépare une chambre d’une salle de bain illustre le problème : côté salle de bain, une plaque hydrofuge est exigée, côté chambre, une plaque standard suffit. Une plaque hydrofuge, de son côté, ne rend pas un mur étanche, et une plaque plus épaisse n’isole pas davantage thermiquement. Une fois la méthode choisie (voir l’article sur le choix entre plâtre et placo), le guide ci-dessous aide à trancher plaque par plaque, puis pièce par pièce.
Lire une plaque avant de l’acheter
Quatre indications figurent sur toute plaque sérieuse, et valent mieux que la couleur.
- Les lettres BA désignent les bords amincis, qui permettent de traiter les joints sans surépaisseur. La plaque BA13 est la plus répandue.
- Le nombre donne l’épaisseur arrondie en millimètres. Une BA13 mesure en réalité 12,5 mm, une BA10 environ 9,5 mm.
- Le type selon la norme EN 520 précise la fonction : H1 pour une plaque hydrofugée haute performance, I pour une dureté superficielle élevée, D pour une haute densité.
- La marque NF et la référence au NF DTU 25.41, qui encadre les ouvrages en plaques de plâtre.
Un point de vigilance : certaines plaques cumulent plusieurs fonctions. La plaque multifonction Pladur Omnia, par exemple, est hydrofuge, phonique et résistante au feu, avec une face bleue. La couleur seule ne renseigne donc pas sur ses performances. Il faut lire la désignation.
Choisir l’épaisseur : BA6, BA10, BA13, BA15, BA18
| Plaque | Épaisseur réelle | Usage courant |
|---|---|---|
| BA6 | environ 6 mm | Cintrage, formes courbes |
| BA10 | 9,5 mm | Habillage, cintrage |
| BA13 | 12,5 mm | Cloisons, doublages, plafonds : le standard |
| BA15 | 15 mm | Résistance mécanique supérieure, certains systèmes coupe-feu |
| BA18 | 17,5 à 18 mm | Meilleure tenue aux chocs, acoustique renforcée |
Deux règles évitent les erreurs d’achat. D’abord, plutôt qu’une plaque très épaisse, on pose deux plaques plus fines en décalant les joints : l’ensemble est plus solide et plus performant sur le plan acoustique. Ensuite, l’épaisseur ne joue presque pas sur l’isolation thermique : la résistance thermique d’une BA13 est de l’ordre de 0,04 m²·K/W, celle d’une BA18 de 0,05, soit très peu face à un isolant. La plaque est un parement, pas un isolant.
Les plaques spéciales : ce qu’elles font, et leurs limites
| Plaque | Repère courant | Ce qu’elle apporte | Sa limite |
|---|---|---|---|
| Standard (BA13) | Face grise ou blanche | Polyvalente, la moins chère | Craint l’eau |
| Hydrofuge H1 | Face verte | Résiste à l’humidité ambiante | N’est pas étanche |
| Phonique | Face bleue | Gain acoustique | Ne remplace ni l’isolant ni la bonne cloison |
| Ignifugée | Face rose | Tenue au feu du système | Valeur propre au système complet |
| Haute dureté | Face jaune ou grise (Habito) | Résiste aux chocs, tient des charges | Plus lourde, plus chère |
| Multifonction | Variable selon le fabricant | Cumule plusieurs fonctions | Cher, lire la fiche technique |
La plaque hydrofuge H1
Elle est traitée pour résister à l’humidité, avec une résistance environ six fois supérieure à celle d’une plaque standard, selon les fiches du fabricant. Elle se reconnaît à son parement vert dans la gamme Placo. Les joints doivent être traités avec un enduit hydrofugé, spécifique. Son rôle est de supporter la vapeur et les éclaboussures occasionnelles, pas de bloquer l’eau : une plaque hydrofuge ne règle pas un problème d’humidité existant.
La plaque phonique
Elle contient un cœur plus dense. Le gain se chiffre en quelques décibels : de 3 à 5 dB sur un système de cloison ou de plafond selon le fabricant, par exemple 42 dB au lieu de 39 dB pour une cloison 72/48 avec laine minérale. L’écart de prix à la plaque est faible. Le gain réel dépend d’abord de la cloison entière : double parement, isolant, étanchéité aux jonctions. Le sujet est traité plus largement dans l’article sur l’isolation phonique d’un appartement.
La plaque ignifugée
Toutes les plaques de plâtre ont une bonne réaction au feu (A2-s1,d0), car le plâtre est incombustible. La plaque ignifugée, rose chez Placo, apporte surtout une meilleure résistance au feu de l’ouvrage. Ces performances s’expriment pour un système complet : une cloison 72/48 avec une plaque Placoflam BA13 par face atteint EI60, une cloison 150/100 à double parement EI120, par exemple. Une plaque seule n’a pas de classement coupe-feu. Autour d’un poêle ou d’un insert, elle ne dispense pas de respecter les distances de sécurité prévues par le fabricant de l’appareil.
La plaque haute dureté
Elle cible les zones soumises aux coups : couloirs, chambres d’enfants, salles de jeux, garages et locaux d’usage intensif. Les plaques Placodur (jaune, BA13 ou BA18) en sont le modèle classique, et la plaque Habito, plus récente, annonce une résistance aux chocs très supérieure à celle d’une plaque standard. Autre intérêt : elle autorise la fixation d’objets lourds avec de simples vis, de 20 à 60 kg par point selon les sources. Elle existe aussi en version hydrofuge. En contrepartie, elle coûte plus cher et pèse plus lourd. Pour les fixations, voir l’article sur les chevilles pour placo.
Les plaques multifonctions
Elles associent plusieurs performances (humidité, acoustique, feu) dans une même plaque. Elles simplifient le chantier quand une paroi cumule les contraintes, mais le surcoût n’a de sens que si chaque fonction est réellement utile. Certaines plaques se présentent aussi comme dépolluantes.
Le classement des locaux : la règle qui décide de l’hydrofuge
Le NF DTU 25.41 classe les locaux selon l’exposition de leurs parois à l’humidité :
- EA : locaux secs ou faiblement humides (chambres, séjour, bureaux). Plaque standard.
- EB : locaux moyennement humides (cuisines, WC, cabinets de toilette). Plaque standard admise, hydrofuge recommandée contre le cloquage des peintures et les moisissures.
- EB+ privatif : locaux humides à usage privatif (salles de bains, salles d’eau, douches). Seules les plaques hydrofugées H1 sont admises pour les parois verticales apparentes.
Deux nuances comptent. Dans une cloison à plusieurs parements, seul le parement extérieur, côté local humide, doit être hydrofugé. Et lorsqu’une cloison sépare un local EB+ privatif d’un local sec, seul le côté humide est concerné. Le classement lui-même est défini par un cahier du CSTB.
Pièce par pièce : quelle plaque pour quel usage ?
| Pièce ou ouvrage | Plaque conseillée | Pourquoi, et vigilance |
|---|---|---|
| Salon, séjour | BA13 standard | Pièce sèche. Prévoir du renfort pour une TV murale lourde |
| Chambre | BA13 standard, phonique si mur mitoyen | Double parement pour le bruit |
| Chambre d’enfant, salle de jeux | Haute dureté (Placodur, Habito) | Chocs, fixations |
| Couloir, entrée | BA13 ou haute dureté selon le passage | Coups de valises et de mobilier |
| Cuisine | Hydrofuge recommandée | Vapeur, projections, meubles hauts à fixer |
| WC, cabinet de toilette | Hydrofuge recommandée | Humidité moyenne |
| Salle de bain, douche | Hydrofuge H1 | Exigence du DTU en EB+ privatif |
| Buanderie, cellier | Hydrofuge | Humidité et pièce souvent non chauffée |
| Garage, cave, sous-sol | Hydrofuge, ou haute dureté selon l’usage | Traiter la cause de l’humidité avant tout |
| Local technique, autour d’un poêle | Ignifugée | Résistance au feu du système complet |
| Plafond de pièce de vie | BA13 standard | Entraxe d’ossature à respecter |
| Plafond de salle de bain | Hydrofuge recommandée | La vapeur monte |
Salle de bain : hydrofuge ne veut pas dire étanche
C’est le cas le plus piégeux. La plaque H1 est obligatoire sur les parois verticales, mais elle ne remplace pas l’étanchéité dans l’emprise d’une douche ou d’une baignoire. Un carrelage n’est pas étanche, et ses joints ne le sont pas non plus. Dans la zone de projection, une protection sous carrelage (SPEC) ou une étanchéité spécifique reste prévue en complément, selon le DTU de pose du carrelage et l’Avis Technique du système choisi. Les douches à l’italienne relèvent d’une étanchéité distincte et plus exigeante, avec ses règles propres. Certains systèmes de plaques sous Avis Technique permettent de poser le carrelage directement, mais uniquement dans les conditions prévues par leur avis.
À la pose, d’autres détails comptent : un film polyéthylène sous les rails quand le sol n’est pas fini, un espace d’environ 1 cm entre la plaque et le sol, un cordon de mastic en pied, et un enduit à joint hydrofugé.
Cuisine : l’hydrofuge et les meubles hauts
En cuisine, la plaque hydrofuge est recommandée, car la vapeur et les projections font cloquer les peintures et favorisent les moisissures. Le second enjeu est mécanique : les meubles hauts chargés, une hotte ou un chauffe-eau pèsent plusieurs dizaines de kilos. Soit des renforts sont prévus dans la cloison, soit une plaque haute dureté, hydrofuge si besoin, évite de tout reprendre.
Chambre et cloison mitoyenne : la plaque phonique ne suffit pas
Une plaque phonique seule sur une cloison simple améliore peu le résultat. Le gain vient du système : double parement, laine minérale, jonctions étanches. C’est la combinaison qui fait passer une cloison de 39 à 47 dB, voire davantage avec des plaques phoniques.
Garage, cave, sous-sol : d’abord la cause de l’humidité
Dans une pièce non chauffée, la plaque hydrofuge est conseillée. Elle ne traite pas pour autant une humidité qui remonte du sol ou traverse le mur. Si le mur est humide, un doublage même hydrofuge enferme le problème, comme le détaille l’article sur l’humidité dans les murs. Pour une cloison robuste en garage, le choix entre plaques et carreaux se discute dans l’article sur la cloison en carreaux de plâtre ou en placo.
Les erreurs de choix les plus fréquentes
- Se fier à la couleur seule, sans vérifier la désignation et la fiche technique.
- Poser une plaque standard en salle de bain, ou ne mettre l’hydrofuge qu’autour de la douche : la règle vise l’ensemble des parois verticales apparentes du local classé EB+ privatif.
- Croire qu’une plaque hydrofuge est étanche, et supprimer la protection sous carrelage.
- Choisir une plaque épaisse pour isoler, alors que l’isolation vient de l’isolant.
- Compter sur une plaque phonique seule pour traiter un mur mitoyen bruyant.
- Fixer une charge lourde sur une plaque standard sans renfort ni cheville adaptée.
- Mélanger les enduits de joints : un enduit standard sur une plaque hydrofuge, ou l’inverse, peut poser des problèmes de finition et de tenue.
Budget : l’écart de prix selon la plaque
Les repères de fourniture, hors pose :
| Type de plaque | Fourniture seule (€/m²) |
|---|---|
| BA13 standard | 3 à 8 |
| Hydrofuge (verte) | 6 à 12 |
| Phonique | 8 à 20 |
| Ignifugée | 10 à 23 |
| Isolante (thermo-acoustique) | 15 à 35 |
Chez un distributeur, une plaque hydrofuge Placomarine démarre autour de 13 €/m² TTC, et une plaque haute dureté Habito autour de 17 €/m² TTC. Le surcoût est faible à l’échelle d’une pièce, comparé au prix d’une reprise après un dégât d’humidité. Le détail de la facture complète, joints et finitions compris, est dans l’article sur le prix de la pose de placo.
Questions fréquentes
Quelle plaque de plâtre choisir pour une salle de bain ?
Une plaque hydrofugée H1 (verte chez Placo) sur toutes les parois verticales apparentes, avec un enduit de joint hydrofugé. Dans la zone de douche ou de baignoire, il faut en plus une protection sous carrelage ou une étanchéité adaptée.
Quelle plaque pour une cuisine ?
La plaque hydrofuge est recommandée. Une plaque haute dureté, éventuellement hydrofuge, convient si la cuisine accueille des meubles hauts lourds ou un usage intensif.
La plaque hydrofuge est-elle étanche ?
Non. Elle résiste à l’humidité ambiante et aux projections occasionnelles, mais elle n’est ni imperméable ni protégée contre l’eau stagnante. Elle ne traite pas un problème d’humidité déjà présent dans le mur.
Quelle est la différence entre BA13 et BA18 ?
L’épaisseur : 12,5 mm contre 17,5 à 18 mm. Le BA18, plus lourd, résiste mieux aux chocs et améliore l’acoustique. Deux plaques BA13 à joints décalés restent souvent préférées à une seule plaque épaisse.
La plaque phonique suffit-elle à isoler du bruit ?
Non, pas seule. Elle apporte quelques décibels de plus qu’une plaque standard. Un bon résultat suppose une cloison à double parement, de la laine minérale et des jonctions soignées.
Les couleurs des plaques sont-elles normalisées ?
Non. Les conventions (verte pour l’hydrofuge, bleue pour le phonique, rose pour le feu) viennent des fabricants et peuvent varier. Certaines plaques multifonctions combinent plusieurs usages sous une même couleur. La désignation et la fiche technique font foi.
Faut-il une plaque spéciale pour le plafond ?
Une BA13 standard convient dans une pièce sèche. Dans une salle de bain, une plaque hydrofuge est préférable. Dans tous les cas, l’entraxe de l’ossature doit respecter les prescriptions du fabricant.
Choisir la paroi avant la plaque
La bonne plaque est celle qui répond à ce que la paroi subira : humidité côté salle de bain, coups dans un couloir, bruit entre deux chambres, chaleur près d’un poêle. Elle se lit sur la désignation, pas sur la couleur, et elle s’associe à un système (ossature, isolant, joints, étanchéité) qui fait l’essentiel de la performance. Un mauvais choix de plaque coûte rarement cher à l’achat, mais très cher à la reprise.
Reste une question que la plaque ne règle pas : ce que le mur peut porter. Quelle cheville choisir pour fixer une étagère, un meuble ou une télévision sur du placo fait l’objet de l’article suivant.


